Visite avant rachat, quatrième étage.
Sur le plan, deux chambres. Derrière la porte, une seule suite, avec une cloison abattue depuis longtemps.
Le local technique dessiné au bout du couloir est devenu une lingerie.
Quand on demande quelle vanne coupe l'eau de cette suite, personne ne sait répondre sans ouvrir trois gaines.
À retenir : Avant de signer ou de lancer une rénovation, l'asset manager doit exiger des plans DWG vérifiés sur site, des locaux codifiés et reliés aux numéros de chambres, et des équipements localisés et rattachés aux chambres qu'ils desservent. Ces données complètent l'audit et facilitent la maintenance et les travaux. OPERAT exige aussi des données de consommation et d'activité.
Au sommaire
- Pourquoi l'audit technique ne suffit pas sans données exploitables
- La data room technique : la liste des pièces à demander
- Des plans à jour : vérifier que le DWG correspond au bâtiment
- Codifier les locaux et relier les chambres à leur numéro commercial
- Repérer les équipements et les rattacher aux chambres qu'ils desservent
- Des données prêtes pour la GMAO et le décret tertiaire
- Rénovation : partir d'un existant fiable et livrer un existant à jour
- Check-list de l'asset manager avant de signer ou de lancer des travaux
- Questions fréquentes
Pourquoi l'audit technique ne suffit pas sans données exploitables
La due diligence technique fait partie d'un ensemble plus large. L'Hôtellerie Restauration la décrit comme une partie des « vérifications juridiques, comptables, fiscales, sociales et techniques effectuées par l'acheteur avant de finaliser une opération de reprise ». Sur le volet technique, c'est « l'état technique du bâti, des installations et du matériel » qui doit être évalué avec rigueur.
L'audit a un objectif clair. Le cabinet Inara le formule ainsi : « chiffrer les investissements techniques non apparents qui n'ont pas été pris en compte dans le prix de cession ». Selon ce prestataire, un audit standard dure 2 à 3 jours, combine mesures, « consultation des documents techniques et des registres de maintenance, entretiens avec l'équipe technique », et chiffre les investissements à ±30 % près. Ce sont ses propres indications.
Le rapport d'audit est donc une photo prise à une date donnée. Il pointe des risques et des montants. La livraison d'une base de données exploitable dépend de la mission et des livrables convenus avec l'auditeur.
C'est là que l'asset manager doit porter son regard. La question n'est pas seulement de savoir si les plans existent. Elle est de savoir s'ils sont à jour, qui les a modifiés en dernier, et si on peut s'en servir pour gérer le bâtiment.
La data room technique : la liste des pièces à demander
Une data room technique bien préparée fait gagner du temps à tout le monde : acheteur, auditeur, futur exploitant. Voici les pièces à demander, avec pour chacune sa date de dernière mise à jour.
Deux points réglementaires méritent une attention particulière. Le registre de sécurité est obligatoire dans un ERP, rappelle la CCI Alsace Eurométropole, et il « recense le matériel et le personnel concernés par le risque incendie » (Mews). Le registre public d'accessibilité est obligatoire pour tous les ERP depuis le 22 octobre 2017 (Mews).
Pour l'amiante, le dossier technique amiante relève de l'article R1334-29-5 du code de la santé publique. Il est constitué, conservé et mis à jour par le propriétaire lorsque le permis de construire est antérieur au 1er juillet 1997, à partir de repérages réalisés par un opérateur certifié. Il comprend les rapports de repérage des listes A et B, les évaluations périodiques et une fiche récapitulative. Lors de la vente des murs d'un hôtel soumis au DTA, l'état sur la présence ou l'absence d'amiante est constitué de cette fiche récapitulative (article R1334-29-7, rappelé par l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes). Un rapport du Sénat note que ce dossier « n'est pas toujours réalisé ni actualisé ». Mieux vaut le vérifier que le supposer.
- Plans DWG des niveaux, coupes et façades, avec date et auteur de la dernière mise à jour
- DOE et plans de récolement des derniers travaux
- Registre de sécurité et registre public d'accessibilité
- Dossier technique amiante et sa fiche récapitulative
- Rapports de vérifications périodiques et contrats de maintenance
- Historique de la GMAO, s'il en existe une
- Données transmises sur OPERAT si l'hôtel est assujetti au dispositif Éco Énergie Tertiaire (voir la partie surfaces et déclaration OPERAT)
Des plans à jour : vérifier que le DWG correspond au bâtiment
Un hôtel vit. On fusionne deux chambres pour créer une suite. On en crée une dans un ancien bureau. On transforme un local technique en réserve. Chaque opération est rarement reportée sur les plans de référence.
Les signes d'alerte sont simples à repérer : un plan dont la date remonte à la construction ou à la dernière grosse rénovation, une numérotation de chambres qui ne correspond pas à celle de la réception, des locaux sans affectation, des calques mélangés où cloisons, mobilier et réseaux se superposent.
Le contrôle le plus utile est un sondage sur site. On prend quelques niveaux types, on compare plan et réalité, pièce par pièce. Si les écarts sont nombreux sur trois étages, il y a peu de chances que les autres soient exacts.
Dans la plupart des cas, il n'est pas nécessaire de tout reconcevoir. Une mise à jour des plans AutoCAD existants avec des relevés ciblés suffit souvent. Il ne s'agit pas de refaire une étude d'architecte, mais de remettre le dessin en accord avec le bâtiment.
Dernière étape : organiser les calques et les blocs. Un plan propre, avec des locaux fermés et identifiés, cesse d'être un simple dessin. Il devient une source de données.
Codifier les locaux et relier les chambres à leur numéro commercial
Chaque local doit avoir un code technique unique. Une structure simple fonctionne bien : bâtiment, niveau, numéro de local. La chambre, la gaine, le local poubelles, l'office d'étage : tout est codifié de la même façon.
Le piège propre à l'hôtellerie, c'est le double numéro. La chambre 412 de la réception, celle du PMS, n'est pas forcément le local 4-012 du plan technique. Une table de correspondance entre numéro de vente et code technique évite les erreurs d'intervention et les confusions entre équipes.
Cette codification porte aussi les surfaces par local. Elles servent à la planification des travaux, aux tableaux de surfaces, et aux déclarations OPERAT.
Les rénovations renumérotent souvent les chambres. Il faut alors garder l'historique : ancien numéro, nouveau numéro, date du changement. Sans cela, les rapports de maintenance des années passées deviennent illisibles.
Repérer les équipements et les rattacher aux chambres qu'ils desservent
Selon l'AFIM, la maintenance hôtelière couvre notamment le chauffage, la ventilation, la climatisation, l'électricité, la plomberie, les ascenseurs, les portes automatiques et la sécurité incendie. Autant d'équipements qu'il faut savoir localiser.
Un inventaire des équipements localisé indique où se trouve chaque ventilo-convecteur, chaque vanne, chaque tableau divisionnaire, chaque organe de coupure, chaque colonne. C'est la base.
Le vrai gain vient du lien suivant : quel équipement dessert quelles chambres. Avant de couper une colonne, on sait quelles chambres fermer ou déplacer. Maintex résume bien la contrainte : « Coordination des prestataires : organisation quotidienne complexe. Contraintes occupation chambres ».
Ce lien est donc aussi un enjeu commercial. Une coupure mal préparée touche des clients. Girault Pasqué parle de « risques opérationnels visibles côté client ». Nous développons ce point dans l'article « Maintenance hôtelière : à 3 h du matin, où est la vanne ? ».
Des données prêtes pour la GMAO et le décret tertiaire
L'AFIM recommande « l'utilisation d'une GMAO pour organiser et tracer les interventions ». Elle note aussi que les hôtels s'appuient sur « des techniciens polyvalents pour les interventions quotidiennes et sur des prestataires spécialisés pour les équipements critiques ». Une GMAO ne sert ces équipes que si les locaux et les équipements y sont bien référencés. Il faut d'abord structurer ses plans DWG pour la GMAO.
Le format attendu est simple : un export structuré, en CSV ou Excel, avec les locaux, leurs surfaces, les équipements et leurs rattachements. Ce tableau peut alimenter l'outil de maintenance après validation du format et un essai d'import dans la GMAO.
Côté énergie, le dispositif Éco Énergie Tertiaire vient du décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019. Il s'applique dès 1 000 m² de surface de plancher tertiaire, dans un bâtiment, les parties tertiaires d'un bâtiment mixte ou plusieurs bâtiments sur une même unité foncière ou un même site, et la CCI Paris Île-de-France cite les CHR parmi les entreprises concernées. Selon le GNI, cité par L'Hôtellerie Restauration, un hôtel de deux bâtiments séparés par une cour est concerné si leur surface cumulée atteint 1 000 m².
L'obligation peut être satisfaite par une réduction de 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050 par rapport à une référence non antérieure à 2010, ou par l'atteinte d'un objectif en valeur absolue adapté à l'activité. Les consommations se déclarent chaque année sur OPERAT, avec la surface du bâtiment ou des parties de bâtiment. Bowo conseille : « Préparez-les en amont. » Des surfaces par local fiables sont un bon point de départ.
Une limite doit rester claire. Le contrôle de conformité réglementaire relève des spécialistes et des organismes compétents. Le dessinateur fournit des plans et des données. Il ne donne pas d'avis réglementaire.
Rénovation : partir d'un existant fiable et livrer un existant à jour
Avant les travaux, des plans actualisés servent de base commune aux maîtres d'œuvre et aux bureaux d'études CVC et électricité. Partir d'un plan faux, c'est payer plus tard des écarts découverts sur chantier.
Pendant le chantier, il faut suivre les modifications : réseaux déviés, cloisons déplacées, chambres renumérotées. Ces changements doivent être notés au fil de l'eau.
Après, l'étape la plus souvent négligée : intégrer DOE et plans de récolement dans les plans de référence. Sinon, le prochain acheteur ou la prochaine équipe technique retrouvera exactement la situation du quatrième étage décrite plus haut.
Enfin, publier les plans en ligne permet aux équipes et aux prestataires de consulter la bonne version, depuis le site, sans chercher le dernier fichier sur un poste.
Check-list de l'asset manager avant de signer ou de lancer des travaux
Cinq questions suffisent pour juger de l'état des données techniques d'un hôtel.
Si la check-list révèle des plans anciens et des locaux non codifiés, c'est là qu'intervient Novelpix. Patrice Cigna pratique AutoCAD en bureau d'études depuis plus de 30 ans. Avec Novelpix, il met à jour les plans DWG existants, sur site en Île-de-France ou à distance partout en France. Le travail comprend la codification des locaux, la table de correspondance avec les numéros de vente, le repérage et le rattachement des équipements aux chambres desservies, les exports pour la GMAO et la publication des plans en ligne, avec l'outil maison lococo.db. Un réseau de spécialistes CVC et électricité, courants forts et haute tension, intervient si besoin.
Ce qui reste hors périmètre : la conception, le calcul d'ingénierie et l'avis réglementaire. Ces points relèvent de l'auditeur technique, du bureau d'études ou du contrôleur.
- Quelle est la date des derniers plans, qui les a faits, et ont-ils été vérifiés sur site ?
- Existe-t-il une codification des locaux et une table entre numéros de chambres et codes techniques ?
- L'inventaire des équipements est-il localisé et rattaché aux chambres desservies ?
- Registres, DTA et données OPERAT sont-ils disponibles et cohérents avec les plans ?
- Qui tiendra ces données à jour après l'acquisition ou la rénovation ?
Pour aller plus loin
- Plans as-built : mettre à jour ses DWG après travaux
- Inventaire d'équipements depuis les DWG, DOE et DIUO
- Décret tertiaire : quelle surface déclarer sur OPERAT
- Maintenance hôtelière : à 3 h du matin, où est la vanne ?
Envoyez-moi un extrait de vos plans, en DWG, PDF ou scan : vous recevez un aperçu offert de ce qu'ils peuvent devenir, avec les informations manquantes et les points à vérifier sur place.
Le devis chiffre ensuite le travail lot par lot, avant tout engagement. Interventions sur site en Île-de-France, travail à distance partout en France.
Patrice Cigna, fondateur de Novelpix, pratique AutoCAD en bureau d'études depuis plus de 30 ans.
Il remet à jour des plans techniques sur des sites en exploitation (aéroports, sites industriels, établissements de santé) et transforme les plans DWG en données pour la maintenance, avec son outil lococo.db.
Questions fréquentes
Quels documents techniques demander au vendeur avant de racheter un hôtel ?
Demandez les plans DWG des niveaux, coupes et façades avec leur date de mise à jour, les DOE et plans de récolement des derniers travaux, le registre de sécurité et le registre public d'accessibilité. Ajoutez le dossier technique amiante, les rapports de vérifications périodiques, les contrats de maintenance et l'historique de la GMAO. Si l'hôtel est assujetti au dispositif Éco Énergie Tertiaire, demandez aussi les données déclarées sur OPERAT. Pour chaque pièce, la date et l'auteur comptent autant que le document.
Comment savoir si les plans d'un hôtel correspondent vraiment au bâtiment ?
Faites un sondage sur site. Comparez le plan et la réalité sur quelques niveaux types, pièce par pièce. Vérifiez la numérotation des chambres, les cloisons, l'affectation des locaux techniques. Si les écarts sont nombreux sur ces niveaux, considérez l'ensemble du jeu de plans comme à reprendre.
Les plans DWG d'un hôtel ont plus de 15 ans, faut-il les refaire avant une rénovation ?
Pas forcément les refaire, mais les vérifier et les mettre à jour. Une mise à jour avec relevés ciblés suffit souvent à remettre le dessin en accord avec le bâtiment. Ces plans actualisés servent ensuite de base aux maîtres d'œuvre et aux bureaux d'études. Partir de plans faux expose à des surprises de chantier.
Mon hôtel fait plus de 1 000 m², suis-je concerné par le décret tertiaire ?
Le décret n° 2019-771 s'applique dès 1 000 m² de surface de plancher tertiaire, dans un bâtiment, les parties tertiaires d'un bâtiment mixte ou plusieurs bâtiments sur une même unité foncière ou un même site, et la CCI Paris Île-de-France cite les hôtels parmi les entreprises concernées. Selon le GNI, deux bâtiments séparés par une cour sont concernés si leur surface cumulée atteint 1 000 m². Les consommations se déclarent chaque année sur OPERAT avec la surface du bâtiment ou des parties de bâtiment. Pour votre situation précise, adressez-vous à un spécialiste ou aux organismes compétents.
Comment relier chaque équipement aux chambres qu'il dessert ?
Il faut d'abord un inventaire localisé : chaque ventilo-convecteur, vanne, tableau divisionnaire ou colonne est placé sur le plan. Ensuite, on enregistre pour chaque équipement la liste des locaux qu'il dessert. Ce lien permet de savoir quelles chambres fermer avant une intervention. Il s'exporte ensuite vers la GMAO.
Comment faire correspondre les numéros de chambres commerciales avec la codification technique des locaux ?
On attribue à chaque local un code technique unique, par exemple bâtiment, niveau et numéro de local. On construit ensuite une table de correspondance avec le numéro de vente utilisé dans le PMS. En cas de renumérotation lors d'une rénovation, on conserve l'ancien numéro, le nouveau et la date. L'historique de maintenance reste ainsi lisible.
Le dossier technique amiante doit-il être transmis lors de la vente d'un hôtel ?
Lors de la vente des murs d'un hôtel soumis au DTA, l'état sur la présence ou l'absence d'amiante est constitué de la fiche récapitulative du DTA, selon l'article R1334-29-7 du code de la santé publique. Le DTA est constitué, conservé et mis à jour par le propriétaire lorsque le permis de construire est antérieur au 1er juillet 1997, à partir de repérages réalisés par un opérateur certifié. Un rapport du Sénat signale qu'il n'est pas toujours réalisé ni actualisé. Vérifiez sa date et son contenu, et faites valider les obligations de la vente par vos conseils.
Qui peut mettre à jour les plans d'un hôtel sans refaire une étude d'architecte ?
Un dessinateur projeteur AutoCAD peut mettre à jour les plans existants à partir de relevés ciblés, intégrer les DOE et organiser les calques. Il ne fait ni conception, ni calcul, ni avis réglementaire. Ces sujets restent du ressort de l'architecte, du bureau d'études ou du contrôleur.
Sources
- Inara : audit technique d'hôtel, méthode de due diligence
- L'Hôtellerie Restauration : acquisition hôtelière, 7 étapes à suivre
- L'Hôtellerie Restauration : décret tertiaire
- CCI Paris Île-de-France : décret Éco Énergie Tertiaire
- Bowo : décret tertiaire, hôtellerie et restauration
- AFIM : maintenance hôtelière
- CCI Alsace Eurométropole : registre de sécurité ERP
- Mews : les registres d'un hôtel
- Prévention BTP : article R1334-29-5 du code de la santé publique
- ARS Auvergne-Rhône-Alpes : amiante, réglementation pour les gestionnaires d'ERP
- Sénat : rapport r13-668
- Maintex : secteur hôtellerie
- Girault Pasqué : gestion d'actifs, family offices et groupes hôteliers
Envoyez un extrait de vos plans existants : Novelpix vous retourne un aperçu offert de leur état, puis un devis si vous souhaitez aller plus loin.